La dialectique du Whisky - Dimanche 27 août 2006
Réponse à Sacha Gosselin sur le Linlithgow 30 ans Signatory Vintage
J’ai enfin pu goûter ce Linlithgow dont Sacha m’a filé un échantillon. Et je dois dire que tant mes propres sensations que la comparaison de celles-ci avec celles de Sacha m’ont inspiré une réflexion sur ce que je n’hésiterais pas à appeler la « dialectique du whisky » (c’est dans le titre, suivez un peu!).

La dégustation du whisky est qualifiée par certains d’art, par d’autres de science, par des troisièmes de « seulement du plaisir » (on devine la dégénérescence du genre humain sous-jacente à cette dernière philosophie…) ; je ne parle même pas de ceux pour qui c’est une simple beuverie. Mais toutes ces manières de présenter les choses relèvent de simplifications extrêmes, visiblement produites par des esprits peu enclins à la réflexion.

E
n réalité, le concept pertinent pour envisager la dégustation du whisky est celui de dialectique (oui, bon, je sais, ça fait un peu marxiste… et alors, pourquoi n’y aurait-il pas une école marxiste de la dégustation du whisky ?). Plus précisément, il s’agit d’une dialectique objectivité/subjectivité, qui interroge le dégustateur au plus profond de son âme, jusqu’à remettre en cause tout ce qu’il croyait solidement établi du fait de l’aliénation dont il est l’objet depuis sa plus tendre enfance (un conditionnement qui commence dès le biberon).

Je vous sens aussi troublés qu’un very cloudy, je vais donc vous démontrer la pertinence de mon propos en m’appuyant sur la dégustation du Linlithgow susmentionné. Sans entrer dans un luxe de détails sur le profil aromatique de ce whisky (Sacha l’a très bien fait), je voudrais aborder l’épineuse question de la notation. J’ai pour ma part longuement hésité et changé plusieurs fois mon fusil d’épaule à ce sujet.

Au cœur de cette hésitation, la dialectique objectivité/subjectivité. D’un côté, une analyse objective du whisky me commandait de lui mettre un bon 18/20 : finesse et complexité se rejoignaient dans une sublimation réciproque qui conféraient indubitablement à ce Lili (pour faire court) le qualificatif de « très beau ». En même temps, une analyse plus subjective m’appelait à baisser cette note à 17,5/20 car le manque de « waouw c’est bon » dont faisait indéniablement preuve ce whisky lui valait pour sa part le qualificatif peu glorieux de « il manque quelque chose ».

Introduisons maintenant un élément extérieur dans ce jeu à deux acteurs : la note de Sacha, à savoir 19/20. Il aurait été facile pour moi de l’écarter au prétexte qu’étant incontestablement subjective, elle relevait de sa propre appréciation et ne pouvait donc être intégrée à ma réflexion.

Mais quand on sait à quel point l’ami Sacha est un Maître-nez, je lui accorde sans souci une certaine dose d’objectivité qui, bien qu’elle semble assez intuitive et sous-jacente à la lecture de son commentaire, n’en est pas moins réelle. Comment dès lors peut-il noter ce whisky 19/20 et moi 17,5/20 (car c’est la note que je lui accordai finalement) alors que l’objectivité semblait présente dans nos deux commentaires ?
Je réfute également l’argument de la différence d’échelle, trop simpliste à mon goût. Pour résoudre ce paradoxe qui se greffe sur ma dialectique initiale, je dois donc maintenant faire appel à un tout nouveau concept que j’ai spécialement construit pour les besoins de ma démonstration, celui de trilectique (de la dialectique à trois, si vous préférez, mais bon comme disait Coluche, déjà qu’à deux c’est dégueulasse…).

Mais comme ce concept est, je le sens, un peu trop compliqué pour vous… et aussi pour moi je l’avoue (là je commence à perdre un peu le fil de ma démonstration…), simplifions. Si une bonne dose d’objectivité nous amène à des conclusions différentes, c’est que le concept même d’objectivité doit être interrogé.
L’objectivité absolue ne semble pas possible, même en se mettant d’accord par avance sur des critères précis. Parce qu’il y a toujours une part d’appréciation personnelle dans l’évaluation de ces critères objectifs. Selon que l’on a le nez fin, la langue bien pendue, la lèvre charnue, le front reculé ou les genoux fragiles, on n’évaluera pas de la même manière la complexité d’un whisky, sa robustesse ou sa douceur.

Quant à la subjectivité, pourquoi l’envisager dans un rapport dialectique avec l’objectivité ? Ne vaudrait-il pas mieux l’intégrer dans l’échelle de pseudo-objectivité en tant que « part variable irréductible et incompressible » ? Ainsi ma dialectique initiale disparaît, et je peux raisonner dans le cadre d’une dialectique de second degré entre ma note et celle de Sacha, le concept un peu lourd de trilectique pouvant maintenant être écarté.
La question est maintenant posée beaucoup plus clairement : pourquoi Sacha a-t-il mis 19/20 à ce whisky et moi 17,5/20, chacun avec notre part variable de subjectivité intégrée dans notre échelle de pseudo-objectivité ? Si l’on admet que cette part de subjectivité ne peut pas expliquer un écart d’1,5 pt, ce que j’ai postulé dès le départ en accordant un 18/20 au Lili comme « note objective », il apparaît que la réponse à cette question est clairement hors de ma portée.
Mais tous ces développements nous auront au moins permis de faire avancer considérablement notre compréhension des choses grâce à la création d’un certain nombre de concepts brillantissimes, sans toutefois parvenir à des réponses pertinentes. Après tout, n’est-ce pas là une bonne définition du marxisme ?

Note pour ce whisky : 17,5/20 pour Vincent

Sherry
Amontillado Tio Diego Valdespino - Lundi 14 aout 2006
Benoit
- H
aha, retour aux sources avec ce xérès, qui a zoné dans des fûts où plus tard se trouvera du bon whisky ! Pour ma part, c'est le genre de boissons que j'aime beaucoup, une amertume bien sentie, des arômes de noix et de raisin confit, super.

Par contre, deux bémols à mentionner : ce n'est sans doute pas adapté à tout moment de la journée, plutôt pour un quatre heures, ou un apéro en extérieur, en tout cas pas en accompagnement de repas comme nous l'avait proposé Vincent.
Et aussi, il convient de ne vraiment pas en abuser, sous peine de sérieux problèmes le lendemain matin, trois modestes verres ayant suffi à faire s'abattre le malheur sur Sacha et moi-même... Bien remis, Sacha?
Sacha
- Grmllglmlblurp… Moi qui m’émerveillais d’avance de déguster le fruit des entrailles Xérèsiens, père des meilleurs whiskies (j’assume) j’avoue avoir été déçu. Pour cette version en tous cas, je n’hésiterai pas à déguster de nouveau une autre cuvée. Mais celle-ci, m’a laissé de marbre, le nez est correct sans plus mais la bouche est plat à moins que cela soit le contraire car en fait le seul souvenir que j’ai c’est d’en avoir été malade de 6h à 8h le lendemain matin et forcément ça plombe la note. Recalé.

Vincent
A moi de jouer, eh bien je ne suis pas le seul fautif d’avoir servi ce Xérès à mes hôtes d’un soir, puisqu’il m’avait été recommandé par Jean-Marc B. de La M****n du W****y (je laisse l’anonymat pour ne pas l’accabler). Le nez est assez sympathique mais en bouche patatras, c’est plat pour ne pas dire aqueux (et quand c’est aqueux, j’honnis). Par contre ayant l’estomac solidement accroché, je n’ai pas souffert des mêmes turpitudes digestives que mes alcoolytes, mais ce Sherry Don Diego joue plus les Zéro que les Zorro.


Ben
Nevis 1975 Mardi 8 aout 2006
Que ce soit par un temps de chien ou pendant la canicule il est toujours temps de se servir un petit whisky.
C'est vrai que ce n'est pas forcément facile quand il fait très chaud comme en ce moment sur toute la France mais le courage de la WCircus Krew est infaillible et après cette terrible journée du dimanche 9 juillet 2006, le 14 juillet m'a donné un véritable coup de boule au moral et au devoir patriotique:
Accomplir une mission périlleuse en dégustant un whisky proche des 64% à l'ombre. Un whisky de 30 ans qui pèse 63.9%, whouu, les anges ont oublié de prendre leur quote-part. Techniquement ce Ben Nevis a du vivre dans un endroit chaud genre le bureau sans clim' dans les Algecos de mes pauvres et dégoulinants collègues et évoluer lentement comme mon cerveau en ce moment.

Ben Nevis 1975 - 30 ans Signatory Vintage Cask Strength Collection 63.9% - Bourbon Barrel
Couleur or c'est dans un fût de bourbon que ce whisky à passé sa vie. Au nez, après avoir bien choisi le type de verre et attendu quelques minutes pour éviter de se prendre la chaleur de l'alcool, apparait des notes de confiture de poire, iris, pêche blanche, il est robuste mais assez complexe.
En bouche avec un filet d'eau c'est bien mieux sauf si vous envisagez de vous arracher une dent en solo. En bouche donc, c'est la grange qui prend le dessus avec des notes d'herbes sèches, foin avec un soupcon de fruits exotiques et d'iode (verte). Même avec l'ajout d'eau il reste dense en finale il ne perd rien de sa puissance face aux tirs aux buts. Bref une belle expression de Ben Nevis, 860/1000 pour Sacha.

Les enquêtes de l'inspecteur Sherry
 - Lundi 17 juillet 2006
Pourquoi des fois il y a des arômes tout bizarres dedans mon whisky ? (épisode 2 – la bouse de vache)

Suite de nos pérégrinations dans les bas-fonds aromatiques du whisky, je m’attaque cette fois-ci à la bouse de vache. Il s’agit d’un arôme que l’on retrouve parfois dans certains whiskies très fermiers, et qui, honnêtement, me fait vigoureusement saliver.
Pour ce thème, l’Inspecteur Sherry a préféré pour une fois prendre lui-même la plume. Je le laisse donc retranscrire le fruit de ses investigations (j’ai quand même assuré moi-même la traduction, je vous épargne la version anglaise du fait de la technicité du sujet).
« Plus encore que le vomi de bébé, la bouse de vache fait l’objet d’une grosse discrimination dans les commentaires de dégustation whiskiesques. Les informations ont été extrêmement difficiles à réunir, aussi en dernière instance j’ai été contraint de faire appel à un fameux moteur de recherche sur Internet.

En effet, chaque fois que j’évoquais auprès des meilleurs spécialistes la question de l’arôme de bouse de vache, les visages se fermaient, les yeux se baissaient, même les murs des chais semblaient mal à l’aise… Mais convaincu du bien-fondé de mon combat, j’ai décidé de persévérer. Et il est vrai que google nous en apprend beaucoup sur les liens qui unissent la bouse de vache et le whisky. Un petit détour par l’Inde, tout d’abord. A ma grande surprise, j’ai découvert sur la toile que la bouse de vache était le symbole des écologistes indiens.

Or, des écologistes indiens au whisky indien, l’Amrut, chacun perçoit bien qu’il n’y a qu’un pas. D’autant plus qu’en hindou, « bouse de vache » se dit « gobar », c’est-à-dire, en anglais, « va au bar ». Voilà donc un premier indice de poids : oui, bouse de vache et whisky sont intimement liés.

Plus loin encore, du côté du Japon (un autre pays whisky ! décidément tous les indices concordent…), Mayu Yamamoto, chercheuse au Centre médical international du Japon, a découvert qu’une bouse de vache cuite pendant une heure et soumise à pressurisation finit par dégager de la vanilline, le composé aromatique que l'on trouve dans les vraies gousses de vanille. Ce même composé que l’on retrouve dans les whiskies ayant vieilli en fût de bourbon ! Si ça ça n’est pas une preuve, alors je ne m’appelle pas l’Inspecteur Sherry !

Remarquez ça tombe bien puisque je n’ai pas grand-chose d’autre à me mettre sous la dent. Mais ces recherches ont amplement confirmé que whisky et bouse de vache étaient intimement liés. Cessons de rougir à cette idée ! Luttons pour que la bouse de vache redevienne honorable ! »

Voila, merci Inspecteur. Avouons qu’à l’issue de cette enquête à la limite de l’indigence, nous manquons d’informations techniques sur le pourquoi de la présence de cet arôme, mais les indices sont suffisamment concordants pour que son existence ne soit pas remise en cause. Espérons que Ces Messieurs Les Grands Pontes de l’industrie et de la distribution du whisky sauront en tenir compte…

Bunnahabhain
Single Cask 1991/2005 - samedi 08 juillet 2006
Décidément, la Wcircus Krew ne recule devant aucun sacrifice, et c'est par une chaleur torride que votre MC d'un jour vous fait part de ses impressions hautement objectives concernant le whisky suivant, en appliquant son nouveau système de notation, fruit de brainstormings acharnés, et manifestement sans faille :

Nom de la distillerie : Bunnahabhain  (4/5)
Embouteilleur : Gordon & MacPhail (3/5)
Distillé en 1991, embouteillé en 2005 (4/6)
Couleur : jolie, ambrée (5/7)
Degré d'alcool : 45° (4.5/10)
Prix : 65 E (5/9)

Nez
: Indubitablement sherry. Je regrette presque que la spécificité de bunnahabhain ne soit pas plus marquée, elle est comme masquée (10/14)
Bouche : Le mariage prend bien, le sherry très présent au début laisse petit à petit sa place au côté salin typique de la distillerie, le tout ne manque pas de pertinence (16/19)

Finale : modérément longue, elle revient fort à propos sur les deux composantes buccales susmentionnées, en les mixant allègrement, façon noisette salée (10/13)


Overall Sensation : C'est bien bon, mais c'est peut être un peu trop ce à quoi on s'attendait. Ca coute 65 Euros tout de même, pour ce prix là j'attends souvent d'un whisky un peu plus de panache que ce dont ce bunna a fait preuve. (5/9)


La somme des différentes notes partielles donne le Wcircus Ranking (WR)™   pour ce whisky : 66.5/97

Vous l'aurez remarqué, la notation n'est pas sur 100 points, il en manque 3 ; ne soyez pas surpris, c'est tout simplement dû au fait que certes la Wcircus Krew est bien consiente de la nécessaire objectivité dont il faut faire preuve pour analyser un whisky, qui trouve toute sa valeur dans ce puissant système de note, toutefois, nous n'oublions pas que la valeur d'un whisky est aussi et surtout le plaisir que l'on en retire, c'est pourquoi les deux derniers points sont consacrés au Wcircus Enjoyment Rating (WER)™, forme évoluée du plaisir retiré. Il y a quelques temps, j'aurais noté ce whisky 16.5/20, le WER™ vaut donc 2,475/3. La formule de calcul restera secrète.

Finalement, Le Wcircus Ultimate Ranking (WUR)™, somme des WR™ et WER™, vaut 68, 975/100. Et devant tant de virgules et d'acronymes, je pense qu'à l'avenir on en restera aux notes toutes simples, sans additions (16.5/20 pour ce bunna, ou 83/100, comme vous voulez...)

Strathisla Hart Brothers 34 ans
46% - mercredi 28 juin 2006
Dégusté en aveugle. Au nez beaucoup de matière, sherry incontestablement (fruits secs). Je penche pour un brut de fût clairement vieux (+/- 30 ans). Il m'évoque un "Macallan côtier". A l'aération je sens brièvement passer un relent de déjection canine, qui en fait ne faisait qu'annoncer les fruits qui arrivent en fanfare (ouf). Ces fruits m'éloignent du côté "côtier"  mais je ne sais pas pourquoi je continue à pencher pour un Highland du Nord. La bouche est plus légère (il devient évident que ce n'est pas un brut de fût) mais avec un joli développement (pain d'épices, orange confite). Je reviens sur le Speyside. Il m'évoque un Macallan (pas côtier cette fois-ci) ou les vieux Strathisla de chez Gordon & Macphail (oui oui c'est vrai je jure j'ai pas triché). Un peu moins bon quand même, parce qu'il manque de finesse au nez comme en bouche.

Strathisla Hart Brothers 34 ans 46%


Le nez est au-dessus de la bouche (mais non je ne suis pas
en train de vous donner un cours d'anatomie, je dis juste que je préfère le nez de ce Strathisla à sa bouche).
17,5/20 pour Vincent.

Les enquêtes de l'inspecteur Sherry
 - dimanche 11 juin 2006
Pourquoi des fois il y a des arômes tout bizarres dedans mon whisky ? (épisode 1 – le vomi de bébé)


Je suis sûr que ça vous est déjà arrivé. Seul face à votre whisky, vous avez senti passer cet arôme furtivement, et vous avez aimé. Et pourtant, au moment de trouver les mots pour le décrire, ceux qui vous viennent à l’esprit sont plutôt négatifs. Goudron, déjection canine, chien mouillé… C’est là tout le mystère du whisky, on aime boire ce qu’on n’aimerait pas manger. Oui mais voilà, au moment de se pencher sur les commentaires de dégustation autorisés que l’on peut lire ici ou là, ces termes n’apparaissent jamais. Eh oui, il faut voir la dure réalité en face. Parce qu’ils ont un nom difficile à porter, ces arômes sont le plus souvent les victimes d’une scandaleuse discrimination.


Heureusement, la WC Team veille ! A l’heure de la discrimination positive, nous avons décidé d’entamer une vigoureuse action de réhabilitation de ces arômes oubliés de tous. Aujourd’hui, nous inaugurons cette série d’enquêtes de l’Inspecteur Sherry avec le vomi de bébé. Une fois de plus nous avons fait appel au Malt Maniac Serge Valentin (Serge il va falloir qu’on pense à te rémunérer comme consultant…). Il faut dire qu’aussi loin que l’Inspecteur Sherry ait pu remonter, la première trace de vomi de bébé (si j’ose dire) émane de Serge, à propos d’un Bladnoch 1990 14 ans Straight from the Cask de chez Signatory Vintage. Serge est donc l’un des seuls a avoir osé braver ainsi le politiquement correct, pour notre plus grand plaisir. Je lui laisse la parole pour nous expliquer d’où vient ce fameux arôme de vomi de bébé.


« Disons qu’il m’arrive de trouver dans certains whiskies jeunes – mais pas seulement - et n’ayant subi que très peu l’influence du fût (fûts inactifs ou ‘morts’, servant quasiment de simple contenant) un mélanges d’arômes proches du mash, c’’est-à-dire réunissant porridge, muesli, purée de patates, yoghurt nature, crème sure, levures, mie de pain, bière etc. Je les appelle parfois “feinty” - en français on pourrait dire “flegmeux” (ou flegmatiques ?)
Parfois cela ressemble à du “vomi de bébé”, qui est tout de même moins gênant que “vomi de hooligan après la finale de la coupe d’Angleterre”. Ces notes sont plus distinguables lorsque le whisky n’est que très peu floral et/ou fruité ».

Voilà, à la lecture de ce commentaire, on ne peut que constater la noblesse de ces arômes de vomi de bébé. Non pas qu’ils représentent le summum en matière d’arômes whiskyesques, mais on est bien dans la restitution (si j’ose dire, une fois de plus) d’arômes de céréales, ingrédient de base du whisky (j’aime bien le parallèle entre le vomi de bébé et le porridge…). Alors, pourquoi cette infamie ? Pourquoi couvrir le vomi de bébé d’un voile pudique ? I have a dream… je rêve d’un monde dans lequel, sur les sites commerciaux vendant du whisky, on oserait enfin parler de vomi de bébé pour décrire des malts un peu jeunes ou peu marqués par le fût, certes, mais tout à fait dignes d’être dégustés et appréciés. Merci, Inspecteur Sherry, de nous avoir donné une belle leçon de vie…

Laphroaig "One shot" - Jean Boyer
- dimanche 4 juin 2006
Ce qui devait arriver arriva, WhiskyCircus se pose à la pointe de l'actualité en dégusant une version très récente de Laphroaig:


un single
cask de la toute nouvelle gamme "One Shot" de Jean Boyer, distillée en 1998, et embouteillée en 2006 à 46°.
Nez : tourbé, fumé. Je répète : tourbé, fumé. Ben oui, j'aurais pu faire une note poétique qui décrirait ce Laphroaig à grands coups de pétales de jasmin un soir de printemps, de chambres à air de Jan Ullrich gravissant l'Alpe d'Huez ou encore de poils de yaks tibétains après la pluie, mais j'aurais d'une part affabulé, d'autre part oublié l'essentiel, à savoir le côté tourbé et fumé de ce nez par ailleurs précis et appréciable.

Bouche
: C'est correct. On sent assez nettement que c'est un jeune whisky, il y a un petit côté métallique, mais en voie d'assimilation dirais-je. Une légère acidité sympathique enrobe la tourbe et la fumée, un peu de fruité qui se fait fort bien accueillir, et mine de rien on en arrive à la finale qui revient pertinemment sur l'acidité.C'est pas très complexe, c'est pas très puissant, mais c'est efficace, droit, ça joue dans son registre et ça le fait bien.

La coupe du monde approchant, je me permettrais de comparer ce Laphroaig avec l'équipe de Suisse, rigoureuse, organisée, sérieuse : Une équipe qui ne sera sans doute pas championne du monde, mais qu'il ne fait pas bon sous estimer. Pareil pour ce laphroaig!

La note : Passage de la phase de poule et élimination en 8° pour Benoît. Et un finaliste pour le Q/P!

Linlithgow 30 ans - Signatory Vintage
- jeudi 11 mai 2006 
linlithgow SV 1975 Ce whisky au nom pratiquement imprononçable provient d'une distillerie située dans les Lowlands qui suivant les années s'appelait soit St-Magdalene, soit Linlithgow qui est le nom de la ville qui l'héberge. Fermée en 1983 elle contient des trésors sans doutes trop méconnus. Cette version de Signatory Vintage est un brut de fût de 1975 (30 ans) embouteillé à 47,7%


Linlithgow 30 ans - 1975/2005 - 47,7%. Signatory Vintage. Fût n° 96/3/39 - Hogshead - 220 bouteilles.
La forme de la bouteille très réussie, la couleur vieil or renforce l'idée de tenir un petit trésor entre les mains. Au premier nez, on peut se rendre compte immédiatement qu'il s'agit d'un malt complexe et fin. C'est qu'il s'agit de ne pas le déguster après un gros balourd genre tourbé ou un first fill sherry, non non. Apparaissent des notes de bananes vertes, fruits exotiques puis de la pêche et après quelques minutes d'aération ce sont des flaveurs de fleurs capiteuses qui se développent. En bouche, le degré naturel est presque trop faible pour soutenir la comparaison avec le nez. C'est huileux, de la matière, toujours sur les fruits exotiques en restant dans la dentelle. C'est un whisky qui semble fragile, en équilibre, prêt à s'écrouler, le dernier ange de la distillerie semble dans cette bouteille, il était temps de le boire! Les agrumes et les tannins font apparaitre une sécheresse en finale mais l'ensemble est d'une haute tenue. Ce Linlithgow est effectivement un petit trésor! 19/20 pour Sacha.






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Drôles de drams

Rencontres plus ou moins nocturnes autour d'un verre de whisky dans des lieux plus ou moins étranges.  Bien calés dans le canapé de luxe Ikea et nous voilà parti à la quête du St-Graal  whiskiesque..


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